Axa accroît sa force de frappe

21-06-2010
En voulant céder ses activités britanniques d'assurance vie, épargne et retraite à son concurrent Resolution, Axa vise à accroître sa force de frappe pour se recentrer vers des zones plus attractives à l'image de l'Asie, l'Europe de l'Est ou encore l'Amérique du Sud. «Le Royaume-Uni est un marché très éclaté et complexe en matière d'offre financière et d'assurance, dans lequel Axa ne s'était jamais véritablement bien développé. Le chiffre d'affaires du Royaume-Uni ne représentait respectivement que 6% et 4% des chiffres d'affaires totaux 2008 et 2009 en vie, épargne et retraite», indique CM-CIC Securities.
Les activités à céder pour un montant prévu de 3,3 milliards d'euros, sous réserve de l'aboutissement des discussions entre Axa et Resolution, ont accusé une perte nette de 33 millions d'euros en 2009, contre un bénéfice de 257 millions en 2008. «Cette opération renforce à court terme la solidité financière du groupe et devrait offrir des possibilités de redéploiement dans des zones à plus fort potentiel», relève CM-CIC.
Toutefois, ce recentrage à un prix. Axa accusera en effet une moins-value de 1,4 milliard d'euros, qui serait comptabilisée dans le résultat net 2010. Sur les 3,3 milliards d'euros, 2,7 milliards seraient réglés en numéraire et 600 millions en titres senior à paiement différé. «Après le rachat pour 0,9 milliard d'euros d'actions AXA APH actuellement détenues par AXA Life UK, le montant net reçu en numéraire serait de 1,7 milliard d'euros pour le groupe», a indiqué Axa.
Cette cession apporterait à Axa quatre points de ratio de Solvabilité I, estimé à fin mars 2010 à plus de 180% et réduirait d'un point le ratio d'endettement du groupe, de 26% à fin 2009. Les fonds propres d' Axa, conseillé sur l'opération par Credit Suisse, s'établissaient parallèlement à 50 milliards d'euros à fin 2009. « Axa n'a pas de réel besoin de cash, mais cet apport faciliterait le financement d'acquisition», souligne un analyste.
Axa entend toutefois conserver ses autres activités britanniques telles que l'assurance santé et la gestion d'actifs, plus rentables et moins consommatrices de fonds propres dans la perspective de Solvabilité II.
Cette opération, si elle se réalise, constituerait la troisième plus importante opération de fusions-acquisitions dans le secteur de l'assurance depuis le début de l'année au niveau mondial, selon des données compilées par Thomson Reuters. 

Source : L'Agefi, 15/06/2010