Axa trouve un allié pour conquérir le marché chinois02-11-2010 |
La plus grande banque chinoise entre au capital d'une filiale de l'assureur français. ICBC distribuera les produits d'assurance-vie d'Axa dans ses 16.000 agences. La réglementation locale limite l'activité des acteurs étrangers.
Plus important, ce lien capitalistique s'accompagne d'un accord de distribution. Avec 230 millions de clients et 16.000 agences, ICBC est un partenaire de choix pour toucher un pays où l'assurance-vie devrait croître en moyenne de 12 % par an entre 2010 et 2020, selon les analystes de Swiss Re.
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«Le marché chinois est l'un de ceux qui grandit le plus rapidement au monde, confirme Henri de Castries, le PDG d'Axa. L'accord avec ICBC, la première banque du pays, est une opportunité formidable pour nous de changer d'échelle. ICBC a conclu une cinquantaine d'accords de distribution au total, mais la banque n'a noué de lien capitalistique qu'avec nous. Elle est donc fortement intéressée au succès de notre coentreprise. » ICBC détiendra une participation majoritaire de 60 % de la joint-venture, Axa et Minmetals se partageant le solde. Le directeur général d'AXA-MM sera désigné par AXA, mais le conseil d'administration et le comité de direction seront dirigés par un président exécutif nommé par ICBC. Présent en Chine depuis 1999, le champion français se contentait jusqu'ici d'une place plus que modeste sur le marché. Avec 56 millions d'euros de primes en vie et 7 millions en dommage, il se situait au seizième rang parmi la cinquantaine d'acteurs étrangers. Tous peinent à gagner des parts de marché sur le sol chinois : en 2009, selon le cabinet Pricewaterhouse Coopers, les acteurs nationaux détenaient encore 95 % de leur marché en assurance-vie et 99 % en dommage. Malgré la longue parenthèse d'économie communiste, ces acteurs s'appuient sur une tradition solide : dans les années 1930, le marché d'assurance chinois était le plus dynamique d'Asie. C'est d'ailleurs là qu'est né à l'époque l'ancêtre de ce qui allait devenir le géant américain du secteur AIG. Le gouvernement a récemment inscrit l'assurance sur la liste des secteurs stratégiques, et un système d'attribution parcimonieux de licences limitant la croissance des acteurs étrangers. Contourner les freins réglementaires Grâce à son association avec le puissant ICBC, Axa espère passer outre ces freins réglementaires. Prudent, l'assureur préfère ne communiquer aucun objectif en assurance-vie. Sur le marché du dommage, le groupe réfléchit encore aux moyens de son développement. «Nous avons la volonté de continuer à nous développer en Chine sur ce secteur» affirme Henri de Castries. L'Asie-Pacifique représentait, en 2009, 11 % des 9,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires d'Axa. Depuis décembre 2009, le groupe tente, pour l'instant sans succès, de se désengager de ses activités en Australie et en Nouvelle-Zélande pour se renforcer en Asie. «Notre association avec ICBC démontre qu'au-delà de ce qui se passe en Australie, nous savons créer des opportunités de développement en Asie et que nous continuerons à le faire», assure le PDG.
Source : Anne de Guigné, Le Figaro, 28/10/2010 |
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