L'assurance paie un lourd tribut aux aléas climatiques30-06-2010 |
L'addition commence à être salée pour les assureurs. Selon une première estimation, les inondations du Var ont donné lieu à 45.000 déclarations de sinistres et leur coûteront au moins 700 millions d'euros, a annoncé hier la Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA). La tempête Xynthia de fin février avait déjà laissé une facture de 1,5 milliard d'euros, dont 700 millions du fait des inondations. « L'année 2010 a commencé plus mal que 2009 », constate Jean-François Lequoy, le délégué général de la FFSA, rappelant que les tempêtes Klaus et Quinten du début 2009 avaient représenté une charge moins lourde (1,7 milliard d'euros au total). Les inondations du Var vont mettre un peu plus à mal l'équilibre technique du secteur. Leur impact « sera visible » dans le ratio combiné (sinistres et primes rapportés aux primes), affirme Stéphane Pénet, directeur des assurances de biens et de responsabilité à la FFSA, qui rappelle toutefois qu'une grande partie du coût « sera amorti par la réassurance ». Contre-performance L'an dernier, cet indicateur clef s'était déjà détérioré de 4,4 points, à 104,2 %, suite à la multiplication du nombre de vols, à l'inflation du coût des sinistres automobiles (+ 8 %) et à la détérioration de la sinistralité en dommages aux biens de professionnels. Cette contre-performance a largement pesé sur le résultat net de l'assurance française (6,2 milliards d'euros, contre 9,2 milliard un an plus tôt) et sa rentabilité (6,8 %, contre 11,3 %). Le tout dans un contexte de quasi-stagnation du chiffre d'affaires en assurances de biens et de responsabilité (+ 0,7 %, à 45,1 milliards d'euros). Pour 2010, la FFSA table sur une progression de 2 à 3 % de l'activité sur cette branche, de nouvelles hausses de tarifs semblant inéluctables. En hausse de 13 % l'an dernier, à 138,3 milliards d'euros, la collecte d'assurance-vie devrait connaître une croissance plus faible en 2010, sans doute entre + 2 % et + 6 %. Soit un étiage plus « proche de son rythme naturel », précise Jean-François Lequoy. Déjà perceptible en avril, le ralentissement de la collecte s'est confirmé en mai (+ 8 % sur les cinq premiers mois de l'année). Evoquant une année 2010 « en demi-teinte », la FFSA explique que « le marché ne devrait pas bénéficier comme en 2009 de transferts entre les produits de court terme et l'assurance-vie ». D'autant moins que le taux du Livret A, actuellement à un niveau historiquement bas, devrait être relevé à 1,5 % ou 1,75 % le 1 er août prochain.Les assureurs se trouvent par ailleurs confrontés au manque d'appétit des épargnants pour les produits risqués et fortement investis en actions. Résultat, ils n'ont jamais vendu autant de contrats en euros (87 % de la collecte l'an dernier), des produits plus coûteux et moins rémunérateurs pour eux que les supports en unités de compte. Ce phénomène pourrait, à terme, peser sur leurs marges.
Source : Les Echos.fr, 24/06/2010 |
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