La santé, nouvel eldorado des assureurs30-03-2010 |
Si les assureurs ont longtemps cherché à « rentrer par le garage » chez le client -autrement dit en l'équipant d'abord et avant tout avec une assurance auto -l'enjeu porte de plus en plus sur son armoire à pharmacie. « L'assurance santé-prévoyance individuelle est le nouvel eldorado des assureurs. Sur le marché des particuliers, la bataille s'est déplacée vers ce marché à forte croissance et super-rentable », explique Cyrille Chartier-Kastler, président fondateur du cabinet Facts & Figures (F&F), en présentant son benchmark 2010 « croissance et rentabilité » des 30 premiers groupes d'assurances en France : en 2008, ce marché représentait 9,3 milliards d'euros de chiffre d'affaires, en hausse de 6,9 % sur 2007. Une croissance tirée par la dérive des frais de soins, mais aussi par le sous-équipement des Français en prévoyance individuelle (garantie des accidents de la vie, prévoyance décès, indemnités journalières...). Cette dynamique, tous en profitent. « Les croissances nettes sont positives pour presque tous les opérateurs », confirme Cyrille Chartier-Kastler. Cette croissance n'est pas incompatible avec une bonne rentabilité. « C'est fabuleux, la sinistralité ne cesse de baisser », poursuit Cyrille Chartier-Kastler, évoquant un ratio de sinistres sur cotisations brut de réassurance « toujours inférieur à 65 % » au niveau du marché, avec un point bas en 2008 à 55,8 %. C'est cette combinaison qui explique l'attractivité de la santé-prévoyance individuelle : son potentiel de croissance nette du chiffre d'affaires dépasse désormais celui de l'assurance-dommages de particuliers (600 millions d'euros contre 400 millions en 2008), pour un ratio de sinistralité environ inférieur de 15 points (73,7 % en dommages à fin 2008). Cinq groupes tirent profit de cette martingale : 3 bancassureurs (BNP Paribas, Crédit Agricole, Crédit Mutuel) et 2 mutuelles sans intermédiaires (Macif et Maif), très actives dans l'équipement de leurs sociétaires en individuelle accident. « Les réseaux de bancassurance sont les plus à même de se positionner sur la santé et la prévoyance, car ces produits doivent être vendus de façon industrielle », explique F&F. De fait, la part de marché de ce canal de distribution croît régulièrement : elle est passée de 20 % à 24,5 % entre 2004 et 2008, et talonne désormais celle des mutuelles sans intermédiaires (24,9 %). Cette analyse donnera-t-elle du grain à moudre à ceux qui accusent les acteurs de la complémentaire santé de se faire des réserves (sur le dos des assurés) ? F&F récuse cette conclusion : « T ant mieux si les Français acceptent de payer une complémentaire santé dont le ratio sinistres sur primes est de 50 %-60 %, car cela signifie que les assureurs font bien leur travail : ils ont industrialisé leur gestion, donnent accès à des plates-formes de soins, font du conseil et de la prévention... Le bug se situe dans les commissions de distribution choquantes prises par les intermédiaires, de l'ordre de 26 %-28 % la première année, et 18 % les années suivantes. » Source : G. V., Les Echos, 29/03/2010 |
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