Les assureurs européens bien protégés contre le risque souverain

01-09-2010
Les compagnies d'assurance peuvent potentiellement être affectées par un défaut souverain, qui viendrait impacter leur retour sur investissement et par là même leur rentabilité. Les pertes qui en résulteraient sont considérées comme l'un des grands risques encourus par les assureurs. Fort de ce constat, Fitch Ratings a décidé de mener un stress test sur l'ensemble des assureurs européens de son portefeuille. Ceux-ci ont passé l'épreuve avec succès, comme le montre cette étude parue le 18 août. 
Le scénario conçu par Fitch était le suivant: un choc consécutif à un défaut de paiement de la Grèce, suivi par des répercussions sur les dettes souveraines du Portugal, de l'Irlande, de l'Espagne et de l'Italie - un accroissement du risque de défaut de paiement et de fortes baisses sur les marchés obligataires. Côté économique, le test de résistance porte sur des dettes d'une maturité de 10 ans en moyenne. Côté marché,  Fitch reprend l'évolution des mouvements de prix de dette souveraine de mai 2010, après les premières préoccupations sur la dette grecque. Il en résulterait des pertes de valeur des obligations souveraines de 10% pour l'Espagne et l'Italie et de 15% pour l'Irlande et le Portugal, avec un taux de recouvrement de 30% de la dette grecque.
Du côté des assureurs, l'agence de notation a calculé l'exposition au risque souverain des pays cités précédemment, en mesurant un ratio entre exposition aux Etats périphériques et capital disponible. Une fois cette étape franchie, seuls les assureurs les plus exposés ont véritablement subi le stress test. Ces assureurs sont: AG Insurance, Ethias, Amlin Corporate Insurance, Fondiaria-SAI, ITAS Mutua, Società Reale Mutua di Assicurazioni, Ocidental-Cia Portuguesa, et Generali.
Pour Federico Faccio, directeur de l'équipe assurance, «l'analyse de Fitch montre la résistance de ces assureurs notés dans un scénario de choc sévère sur les souverains de la zone euro». L'agence de notation n'a procédé à aucune dégradation sur son portefeuille noté d'assureurs européens.
Toutefois, Fitch avertit que la survenance d'événements extrêmes s'est accrue avec la crise financière, et ajoute que plus la note d'un assureur est élevée, plus celui-ci doit démontrer sa capacité à faire face à ce genre de scénario, de même qu'à des niveaux plus élevés d'incertitude et de volatilité des marchés. 
Source : L'Agefi, 19/08/2010