Les assureurs veulent créer un fonds d'investissement spécialisé13-07-2010 |
| Assurance et innovation sont des notions rarement associées. Le groupe technique sur l'assurance du pôle de compétitivité Finance Innovation vient pourtant de publier un premier Livre blanc sur ce thème, qui a été remis hier à la ministre de l'Economie Christine Lagarde. «Solvabilité 2 va en effet devoir générer une vague d'innovations dans nos métiers et nos produits», explique Michel Dupuydauby, directeur général du groupe mutualiste MACSF et président du comité stratégique. De quatre groupes de travail ont émergé 26 «domaines d'innovations prioritaires», dont neuf sont jugés urgents et seront déployés dès la rentrée de septembre. Parmi ces neuf actions, l'une des plus emblématiques consiste en un projet de création d'un fonds d'investissement spécialisé pour les petits acteurs de l'assurance. Selon le Livre blanc, «sur le millier d'organismes français, les plus gros captent près de 130 milliards d'euros de chiffre d'affaires, tandis que les 97% restants se partagent 50 milliards d'euros», rendant impérieuse la nécessité du renforcement de leurs fonds propres en prévoyance des futures contraintes réglementaires imposées par Solvabilité 2. Or, «les intervenants habituels du financement des PME [fonds de capital-investissement, banques] ne sont pas nécessairement adaptés à la problématique de l'assurance». Ce véhicule d'investissement fonctionnerait par prise de participations ou achat de titres participatifs subordonnés. Il serait commercialisé auprès de réseaux, ce qui lui permettrait d'atteindre une taille critique suffisante. Michel Dupuydauby n'exclut pas de solliciter les pouvoirs publics pour contribuer à l'alimenter. Les autres actions prioritaires du Livre blanc concernent notamment la création de plusieurs plates-formes de collecte de données (risques climatiques, démographiques, réglementaires), le lancement d'une étude longitudinale sur la dépendance, l'amélioration de la modélisation des risques. Enfin, le comité entend militer pour la création d'un marché de la rente viagère, lié au développement du système de retraite complémentaire, mais qui reste balbutiant en France (2% des prestations et 5% des cotisations en 2008 selon l'étude DRESS d'avril 2010, citée dans le Livre blanc). Ce serpent de mer nécessiterait en revanche une adaptation de la réglementation. Source : L'Agefi, 07/07/2010 |
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