Après quatre années à la tête d'Axa UK, Nicolas Moreau a pris les rênes d' Axa France dans un climat tendu. Depuis plusieurs semaines, la compagnie est en effet engagée dans un bras de fer avec ses agents généraux, regroupés au sein du syndicat professionnel Réussir. Ces derniers, mécontents des hausses tarifaires imposées par Axa France et inquiets quant à leur avenir, menacent même de mettre fin à leur exclusivité avec l'assureur. «Nous sommes actuellement en négociation avec les agents généraux, a indiqué Nicolas Moreau, directeur général d'Axa France depuis le 1er octobre. Il existe une certaine anxiété autour du futur de leur métier, notamment avec la croissance du canal internet qui crée un certain malaise. Mais il n'y a aucun désaccord sur le fond.» L'assureur espère d'ailleurs parvenir à un accord d'ici au 19 novembre, date des élections nationales au sein du syndicat Réussir. Considéré comme «la cheville ouvrière de la société», le réseau d'agents généraux d'Axa, qui réalise 31% du chiffre d'affaires de la compagnie, est pourtant appelé à se moderniser. «Nous voulons développer le modèle d'agence grand public, explique Nicolas Moreau. Il s'agit de diversifier les sources de revenus des agents généraux en développant les activités de santé et de prévoyance, plus riches en commissions, mais aussi les offres bancaires.» Un grand nombre des 3.600 agents d'Axa France va devoir entamer une mue profonde ces prochaines années. Et pour cause. «Aujourd'hui, seuls 15 % des agents vendent tous nos produits, les autres faisant essentiellement de l'assurance dommages», regrette Nicolas Moreau. Or, ce dernier a placé au rang de ses priorités le développement des produits liés au vieillissement de la population (santé, retraite, dépendance) sur l'ensemble de ses réseaux commerciaux. Il entend également redoubler d'efforts sur le marché de l'épargne au sens large.«Notre part de marché est de 3% en épargne, en incluant l'épargne bancaire, indique-t-il. C'est aujourd'hui insuffisant.» La feuille de route de Nicolas Moreau est toutefois beaucoup plus large. Sa mission est de transformer la compagnie pour en faire une véritable société de services. «Il ne s'agit plus de se comparer seulement aux autres assureurs mais également avec les autres sociétés de services, tels les opérateurs de téléphonie mobile», conclut Nicolas Moreau.
Source : L'Agefi, Thomas Carlat, 08/10/2010 |